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Critique du film Star Wars : La menace fantôme


Tout aureolé de la Palme d’or qu’il a failli avoir à Cannes et même, serait-on tenté d’ajouter, qu’il aurait dû avoir si seulement tellement de films n’avaient pas été meilleurs que ce navet, ce nouveau film du prolifique réalisateur américain George Lucas débarque enfin sur les écrans français.
L’histoire aussi simple que poignante, constitue un véritable renouveau du film de genre americain, un mélange détonnant et totalement original, malgré le fait que ce soit un remake des “Sept mercenaires”, de “King kong” et de “La fille du puisatier”.

Amidala (Natalie Portman, éblouissante a cause d’un eclairagiste incompétent) passe un casting pour obtenir le rôle principal d’une sitcom après le decès de la comédienne qui tenait ce rôle, décès, on ne l’apprendra qu’à la toute fin du film, causé en realité par Natalie Portman pour prendre sa place, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise, meme si le fait qu’elle avait combinée cette mort avec l’assistance du partenaire masculin de l’actrice était vraiment surprenant, personnellement je ne l’ai pas vu venir, bien que le voir noyer la femme en question et avouer l’avoir tuée plusieurs fois au cours du film m’avait mis la puce a l’oreille.

Or, Amidala découvre à ce casting la présence de nombreuses actrices fantômes, dont Shirley Temple (incarnée par Shaquille O’neal, brillantissime dans ce rôle). Les actrices fantômes menaçant de bouleverser le montant du salaire moyen des comédiens en demandant des salaires du niveau de ceux des années trente, Amidala comprend qu’il n’y a plus qu’une alternative : la guerre ! Une guerre fratricide entre les stars d’aujourd’hui et les stars d’hier.


De cette trame succinte, on pouvait craindre le pire et c’est avec une certaine déception qu’on constate qu’il n’en est rien. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce film est sans doute le meilleur film de George Lucas, meme si les mauvaises langues diront que ce n’etait pas difficile au vu des précedents, et c’est clair qu’ils ne volaient pas bien haut mais franchement, comparés à ce dernier opus, ils ne sont quand même pas si mauvais que ça et on se prend meme à leur trouver des qualités, leur brieveté par exemple.

On le sait, George Lucas aime surprendre le spectateur, le plus souvent en bondissant devant lui en pleine projection du film pour lui jeter des pop corns salés dans les yeux, quand ce n’est pas en l’électrocutant par derrière avec un tazer, ou en lui tirant une balle dans le pied.

“La menace fantôme” ne déroge pas à la règle et dans ce film, ou plutôt lors des projections du film, George Lucas se démène encore comme un beau diable, malgré sa cécité. Le spectacle sera donc au rendez-vous, dans la salle comme sur l’écran, comme toujours avec George, sauf quand ce n’est pas le cas, c’est à dire souvent.

Film émouvant au possible, “La menace fantôme” est aussi un exploit technique, encore irréalisable il y a cent-dix ans (en grande partie parce que le cinéma n’existait pas). En effet, au grand dam de Lucas et contre toute attente, les stars mortes ont refusé de venir jouer dans ce que d’aucuns qualifient déjà de “film culte”, elles ont donc été recrées sur l’écran grace à la magie du cinema, par Sylvain Mirouf, qui a su insuffler au film sa “French touch”, en prenant en charge la reconstitution en pâte à modeler de trois des trente-cinq stars de l’âge d’or d’Hollywood, les trente-deux autres étant recrées sur l’écran par des ombres chinoises.

Pour pallier aux limitations de ces techniques, Lucas s’est permis quelques libertés sur le plan historique, en inventant six stars n’ayant jamais existé, incarnées à l’écran par des acteurs en chair et en os, mais tout cela avec un tel brio que ce n’est aucunement une gêne pour le spectateur, à moins que celui-ci aime le cinéma.

Oscillant sans cesse entre le film d’horreur et le film de boxe, “Star Wars : La menace fantôme” s’impose comme la nouvelle référence d’un cinéma américain décidement en perpétuelle évolution.

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